Du pain, du vin et des jeux… La route des vins au Québec!

Pour les amateurs de vin, les oenologues confirmés, ou les gens juste très curieux, il existe dans la région de Bome-Missisquoi, au Sud Est de Montréal, une route des vins. C’est la seule qui est signalisée au Quebec et elle vous permet de faire le tour de 18 vignobles!  Alors quand l’association Wattsup d’HEC Montréal m’a proposé une journée découverte, avec visite de deux vignobles, j’ai sauté sur l’occasion!

Au programme, visite des domaines de l’Orpailleur et des Brome, qui se révéleront être très différents, avec des vins aux goûts totalement opposés, malgré le peu de km qui les séparent!

Mais d’abord, quelques informations pour les non-initiés (comme moi!)

Au Québec, on peut planter à peu près tout ce que l’on veut. Le seul gros problème (et pas des moindres) réside dans… le froid! Et oui, car pas besoin de vous rappeler que l’hiver canadien est plus que réputé pour sa rigueur! Il faut donc planter des cépages qui résistent au froid.  Le Vidal, cépage utilisé pour faire du vin blanc ou du vin de glace, produit par exemple des raisins à la peau très épaisse,  résistant au froid et à la pourriture, mais avec un jus très sucré. On peut ainsi le ramasser en janvier pour faire le vin de glace (entre autres!).

Parlons-en justement de ce fameux vin de glace québécois! Comment est-il produit, quelles sont ses spécificités…? Que de questions se bousculent dans notre esprit!

Pour être appelé vin de glace, le raisin doit avoir subi une alternance de gel et de dégel. Les cellules d’eau présentes dans le raisin vont éclater pendant le gel puis s’évaporer pendant le dégel. Après plusieurs mois de froid rigoureux, le pourcentage d’eau présent dans le raisin sera de plus en plus faible, et sera donc très concentré en sucre! Puis, en janvier, lorsque la température est comprise entre -8 et -12 degrés, on vendange le raisin. Pourquoi à cette température précisément? Simplement car dans cet intervalle de degrés, l’eau est gelée mais pas le jus, ce qui nous permet de récupérer quasiment que le sucre.

Des vins plus «traditionnels» sont également produits, comme du vin rouge, du vin blanc ou même du rosé! Mais la production de ses vins diffère.

Le vin blanc n’est fait qu’avec le jus du raisin. Une des premières opérations est le pressurage, qui consiste, comme son nom l’indique, à presser le raisin, pendant 5 à 6h, pour obtenir un jus bien clair. Et attention, pas question d’attendre! Ce qui est ramassé le matin, est pressé l’après-midi!

Au contraire, pour le rouge, on garde le grain de raisin au complet! En effet, les agents colorants qui permettent d’obtenir la belle couleur rouge, si caractéristique de ce type de vin, se trouve dans la peau, tandis que le tanin est présent dans les pépins.

On va ensuite laisser les raisins fermenter dans des cuves grâce à des levures. Mais la fermentation alcoolique dégageant du dioxyde de carbone et de la chaleur, les cuves doivent donc être à température contrôlée, entre 20 et 22 degrés pour le rouge et 18 et 20 degrés pour le blanc. Dans le cas contraire, la température peut atteindre jusqu’à 40 degrés, ce qui aurait pour effet de tuer les levures et de stopper la fermentation!

****

Dans les faits…

Après quelques tours et détours, nous voici enfin arrivés à notre premier arrêt, le vignoble de l’Orpailleur. Situé dans la vallée de Dunham, il a été créé en 1982 par les français Hervé Durand et Charles-Henri de Cousserges, ainsi que leurs associés québécois Frank Furtado et Pierre Rodrigue, deux des premiers vignerons du Quebec! Nous avons eu la chance d’être accueillis par Charles Henri Cousserges, le directeur général et copropriétaire de l’Orpailleur qui est également le président de l’Association des vignerons du Québec. Après une brève introduction à propos de l’histoire du vignoble (L’Orpailleur signifie Chercheur d’or, en référence aux nombreuses rivières aurifères des Cantons-de-l’Est), direction le vignoble pour assister à la vendange.

Chaque vignoble a adopté sa méthode contre les hivers rigoureux. Le domaine de l’Orpailleur a par exemple adapté une méthode viticole utilisée dans les pays d’Europe du Nord et en URSS, qui consiste à renchausser (enterrer) les ceps à l’automne pour que le gel ne pénètre pas trop profondément et à les déchausser au printemps. Dans le domaine les Brome, on va plutôt recouvrir les pieds de vigne de paille et installer des clôtures à neige pour favoriser l’accumulation de cette dernière, excellent isolant thermique.

Selon les années, les vignobles doivent faire face au gel printanier. Pour ne pas perdre toute la récolte,  les vignerons avaient pour habitude d’installer des feux de bois un peu partout dans le vignoble pour réchauffer l’air. Depuis, de nouvelles méthodes ont été inventées, moins coûteuses et difficiles d’installation, comme l’utilisation d’éoliennes ou d’un hélicoptère qui survole le domaine, pour ramener l’air chaud au sol.

Les vignerons doivent également faire face à un autre problème, notamment pendant la période des vendanges: les animaux! Comme la période d’ensoleillement est relativement courte au Québec, il a fallu trouver un moyen de retarder la récolte le plus possible. Ainsi, à la fin de l’été, les oiseaux représentent le plus grand danger pour la récolte. Voraces, ils peuvent dévorer une récolte entière en l’espace de quelques heures. Pour protéger les raisins, tous les plants de vigne sont donc recouverts de filets. Les ratons laveurs, les moufettes, les souris, les rats… viennent également se nourrir dans les vignes, et il est fréquent que les vignerons appellent des dératiseurs.

Après une petite visite des installations et le visionnement d’une vidéo explicative,  nous voici enfin arrivés à la partie que nous attendions tous: LA DEGUSTATION. Nous avons eu la chance de goûter un vin blanc (l’Orpailleur classique), un pinot gris, produit avec du muscat de New-York, très aromatique et au goût très particulier de litchi! (si, si, je vous assure, on le sent très bien!), puis un vin rosé, un vin rouge, un vin de glace (absolument délicieux! Avec un goût de mangue, d’abricot, de fruits confits…) et enfin un alcool appelé La Part des Anges. Mélange de jus de raisin et de vodka qu’on laisse vieillir tout doucement à l’extérieur pendant plusieurs années, dans un contenant non bouché hermétiquement, laissant s’évaporer près du quart du vin: la part des (pour en fait, les) anges. Mon gros coup de coeur de la journée! Les arômes se marient parfaitement entre eux, et le goût sucré nous ferait presque oublier la vodka!

Petit plus: le domaine de l’Orpailleur possède son propre restaurant, le Tire Bouchon de l’Orpailleur. Lorsque nous y étions, pleins de petits stands vendaient du fromage, des fruits et légumes, ainsi que des tartinades… Très chouette en accompagnement des vins!

Domaine Les Brome

Une fois le ventre plein, nous avons continué notre aventure oenologique en direction du Domaine les Brome, qui compte plus de 60 000 plants de vigne. Ce domaine produit des vins rouges, des vins blancs, des vins rosés, des vins vieillis en fût de chêne, des vins de vendanges tardives et des vins de glace, et utilise des cépages tels le Vidal, le Geisenheim, le Riesling, le Chardonnay, le Pinot Noir, le Maréchal Foch…

Après une petite présentation du vignoble, nous voilà sans plus attendre, lancés dans les vignes, armés d’un sécateur et d’un seau, pour vendanger! Après cette petite expérience fort intéressante mais heureusement pas trop longue (faut pas exagérer non plus!), nous avons poursuivi notre visite dans la cave du domaine. Après l’effort, le réconfort.

Nous avons bien entendu terminé par la dégustation de plusieurs vins blancs, rouges et un pinot noir-Foch. Les vins blancs étaient beaucoup moins sucrés que les vins du domaine de l’Orpailleur. Quant aux vins rouges, comme par exemple la cuvée Julien, vinifiée dans des cuves en acier inoxydable, au goût très particulier d’épices. En général, les vins du domaine des Brome ont un goût beaucoup plus «frais», qui est pour moi, à la limite de l’acidité! Si certaines personnes les ont préféré… j’ai été, de mon côté, bien plus séduite par  les vins sucrés du domaine de l’Orpailleur.

En conclusion: Une petite visite fort sympathique, qui nous a permis de découvrir les vins québécois mais surtout de nous débarrasser de nos à priori! (Non il n’y a pas que les vins français qui sont bons!) Le tout, au milieu de ces magnifiques couleurs automnales… Merci Wattsup!

Ou ça:
Vignoble de l’Orpailleur
1086 route 202
C.P. 339 Dunham
Québec J0E 1M0

Domaine les Brome
285, chemin de Brome
Ville de Lac-Brome (Québec)
J0E 1S0

Publicités

6 réflexions sur “Du pain, du vin et des jeux… La route des vins au Québec!

  1. SUPER !!!!!!! (en plus je suis sur une photo) ! =)
    Juste une petite modification à faire dans l’intro le nom de l’asso est Wattsup tout attaché. =)

  2. Une bonne nouvelle, des filles qui s’interessent au vin. Et en plus qui ne font pas que siroter la bouteille mais qui poussent le bouchon jusqu’à essayer de comprendre son élaboration. Attention les garçons, vous perder du terrain ….

  3. Pingback: Nos 13 bonnes résolutions 100% Montréal! | MySweetMontreal

  4. Pingback: Back to school! (10 idées pour survivre à la rentrée) | MySweetMontreal

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s