Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur le système Greek!

Aujourd’hui, S&C décryptent pour vous le système greek… de l’intérieur! (Petite précision: notez bien que nous ne faisons partie d’aucune sororité… nous avons juste, une fois n’est pas coutume, fait nos petites curieuses). 

Nos connaissances des fraternités et sororités s’arrêtent souvent au cinéma américain ou aux séries hollywoodiennes, relayée par la presse à scandale. Influencés par ces derniers, on a tendance à mystifier le système Greek, en lui donnant un petit coté mystérieux.

 Autant dire, qu’à part les stéréotypes et autres fabulations qui circulent, concrètement, on n’y connait pas grand chose. (Et c’est voulu!) Le système greek cultive lui-même cette image énigmatique, aiguisant la curiosité du reste de la société (et particulièrement des autres étudiants).  Mais, qu’en est il réellement? Y a t-il vraiment quelque chose à cacher derrière ces fantasmes et clichés? Après une petite enquête de terrain, on vous dévoile ce que l’on a découvert…

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On reprend point par point, les 10 clichés les plus communs à propos des fraternités et sororités.

1) Bon déjà, le système greek, ça nous vient d’où?
Tout ça remonte à loin… très loin (aussi bien dans le temps que dans l’espace!). Nées dans les universités allemandes au XIXe siècle, les fraternités furent rapidement exportées en Amérique du Nord. Le succès fut immédiat et depuis, le nombre de confréries s’est multiplié jusqu’à aujourd’hui. Avant tout ancrées sur le sol étasunien, elles sont aussi présentes au Canada, en France et en Allemagne.
Il faudra cependant attendre 1867 pour que soit créée dans l’Illinois, la première « fraternité de femmes », I.C Sororis, qui prendra plus tard le nom de Pi Beta Phi. Le mot « sororité » ne viendra lui qu’en 1874.

* Pour ce qui est de Montréal, la ville en compte une vingtaine (13 fraternités et 8 sororités pour être précises), dont les plus importantes fraternité et sororité francophones au monde, soit respectivement les Sigma Thêta Pi et les Zeta Lambda Zeta.

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2) Qui peut prétendre y rentrer et en faire partie?
Attention aux clichés, nul besoin d’être l’héritier de telle ou telle famille pour être éligible (bien que les frais d’adhésion puissent être un obstacle, voir Q.8). En théorie, tous les étudiants sont censés être des candidats potentiels… Bien qu’il y ait parfois des conditions particulières selon les fraternités et sororités. Quand certaines exigent un bon parcours académique, d’autres se focalisent sur le côté athlétique et dans certaines sororités américaines, le physique peut même devenir un critère de sélection!

* Mais à Montréal, pas besoin d’être le capitaine de l’équipe de football américain ou une diva sans cervelle (tant qu’à faire dans les clichés) pour intégrer le système Greek. On nous a bien fait comprendre qu’ici, on accorde bien plus d’importance à des valeurs  telles que le leadership, la motivation, l’implication et la sociabilité.

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3) La phase d’intégration, ça se passe comment?
Pas plus au courant que vous des procédures de sélection pratiquées, on s’est fait expliquer tout ça de A à Z. Voici étape par étape, le processus pour intégrer (ou pas d’ailleurs) une fraternité ou une sororité:
a) Après avoir rempli un formulaire sur internet, les inscrits sont invités à participer aux activités prévues et organisées par les actives
b) Cette période de rencontres entre nouveaux et anciens porte le nom de «rush». Elle s’étend sur 1 à 2 semaines, avec au programme des activités avec les actifs et autres réunions pour apprendre à se connaître, mais aussi apprivoiser le système Greek.
c) Au terme de la période de «rush», tout le monde est invité à une «Bid Night» à l’issue de laquelle sont désignés et retenus les «pledges», soit les nouvelles recrues qui vont être mises à l’épreuve pendant un semestre.

* On ne pourra rien vous dire de plus quant aux défis et tâches que doivent effectuer les pledges pour accéder au rang d’actifs, car ils tiennent à garder une part de mystère là-dessus. Défense de souffler mot donc… et ça fait partie des règles du jeu!

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4) Concrètement, ça apporte quoi de faire partie d’une frat’?
La raison phare qui ressort dans tous les témoignages est clairement l’aspect social. «Quand je suis arrivée à Montréal, je ne connaissais personne. C’est le moyen le plus rapide que j’ai trouvé pour m’intégrer et me faire des amis».
D’autres y voyaient une chance de se créer un réseau en dehors de leur cercle d’amis. «Faire partie d’une soro m’a permis de rencontrer des personnes d’autres programmes, et surtout d’autres universités».
Autre motivation qui sort du lot (surtout quand on arrive d’un autre continent), vivre l’expérience universitaire à l’américaine, car le système Greek fait partie intégrante de la culture et du paysage nord-américain. « Ça va peut être paraître superficiel, mais j’avais vraiment envie de goûter à la vie à l’American Pie. C’est juste culte! »
Dernière raison mentionnée, dans le système Greek, il existe finalement peu de fraternités francophones, ce qui amène à évoluer dans un environnement plutôt anglophone. « Pendant les soirées, soit tu te lâches et tu parles anglais, soit tu restes tout seul dans ton coin. Et quand on sait pourquoi on est là, on se lance sans trop réfléchir! Et au final, c’est tout bénéf’ pour nous, les francophones ».
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5) Fiesta, beuverie, YOLO, et débauche… mythe ou réalité?
Bien que leur fêtes soient réputées monumentales, légendaires, grandioses (allez y avec l’adjectif que vous voudrez), il ne faut pas non plus stéréotyper! N’oubliez pas que ces étudiants représentent en tout temps les couleurs de leur fraternité. S’amuser oui, mais toujours garder une ligne de conduite propre à leurs valeurs.

* Pour les avoir nous-même expérimenter à Montréal, on confirme, ce sont des fêtes incontournables, qui rythment souvent la vie étudiante, voire le calendrier académique (mais non, non, elles n’ont rien d’une orgie).

Outre les grosses soirées ouvertes à tous, les fraternités organisent régulièrement entre elles des événements connus sous le nom de «Get together» (rencontre entre deux sororités ou deux fraternités) et de «Mixer» (dans le cas de rencontres mixtes), pour   socialiser et mieux se connaitre.

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6) Les fraternités poursuivent elles réellement un but philanthropique (ou c’est que du blabla)?
Les causes philanthropiques ne sont pas (du tout) à prendre à la légère, bien au contraire! Elles constituent une composante essentielle de la vie des actifs. Levées de fonds, tenues de stands de vente, participation à des projets communautaires, le bénévolat sous toutes ses formes est mis à l’honneur. «N’ayant pas forcément encore beaucoup d’expériences professionnelles à notre âge, le bénévolat est un atout non négligeable dans nos CV».

De fait, les statistiques officielles** dénombrent 850 000 heures de bénévolat et 7 millions de dollars récoltés en charité annuellement, démontrent que la vie grecque est beaucoup plus qu’un gros party !

** Statistiques officielles : http://quebec.huffingtonpost.ca/yanick-barrette/fraternites-au-dela-du-mythe_b_2627173.html

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7) Existe-t-il des petites rivalités entre frat’s ou soros? (Par ici les gossips!)
Nous avons presque été déçues d’apprendre que les relations sont globalement harmonieuses entre eux. « A la limite, la seule rivalité qu’on pourrait ressentir, c’est au moment du rush, pour le recrutement des futurs pledges ». Du côté des frat’s, on nous rapporte qu’une certaine compétition née autour des tournois sportifs, «mais ça reste bon enfant».
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8) Actifs et pledges partagent-ils vraiment leur quotidien en cohabitant dans la maison de leur fraternité/sororité (à 60 ou plus sous le même toit)? 

Question piège! En fait, ça dépend… des universités, des fraternités, mais surtout, de leur ancienneté ! Car qui dit cohabitation, dit acquisition d’une maison… et cela implique, comme vous l’imaginez,  un certain budget! Les fraternités les plus anciennes possèdent donc leurs propres quartiers généraux, mais ce n’est généralement pas le cas des plus récentes, par manque de ressources. Cela se répercute évidemment sur les cotisations que les membres des fraternités doivent débourser annuellement. Si le système grec a la réputation d’avoir des frais d’adhésion élevés et donc d’être élitiste, cela varie en fait beaucoup selon les différentes fraternités/sororités, leurs ressources et le fait d’être logé dans une maison ou pas. Sachez par exemple que la cotisation moyenne sur les campus américains est de 1200 dollars US (c’est qu’il faut les payer ces belles demeures qui les abritent!).

* A Montréal, plusieurs fraternités possèdent leur propre maison, mais ce sont des bâtisses qui restent à taille humaine (oubliez donc les fourmilières)

mcgill(Maison des Alpha Delta Phi, 3480 Rue Drummond, Montréal)

9) Symboles, rituels, noms bizarres… finalement, en quoi sont-ils différents d’une secte? 
Première erreur, confondre rituels et bizutage. D’après ce qu’on nous a dit (et ça avait l’air plutôt fiable), les rituels des frat’s ne sont ni écoeurants, ni dégradants. Bon, ok! Admettons, on les croit. Mais, et le côté mystique, on en fait quoi? « Les rituels servent entre autres à consolider les liens entre les membres et à créer une unité, c’est pourquoi la plupart de ceux-ci sont secrets. » C’est tout ce qu’on aura le droit de savoir… (on a pourtant essayé le regard menaçant, mais l’affaire est classée secret défense!)

Et les noms grecs, ça vient d’où?
C’est la première fraternité recensée aux Etats-Unis, les Phi Beta Kappa de Virginie, qui instaurèrent les différentes règles sur lesquelles repose le Greek System, à savoir, les noms en lettres grecques, les devises, un serment de discrétion (vous comprenez mieux  maintenant?), un rituel d’admission, un sceau, et une poignée de main ou geste secret. « On suppose que le choix du grec vient du fait que tous les élèves à l’époque étudiaient le grec de manière obligatoire. » Aujourd’hui, appartenir aux Phi Beta Kappa est considéré comme un honneur.
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10) Faire partie du système Greek, la clé du succès?
Il semblerait effectivement qu’intégrer le système Greek soit un bon investissement pour l’avenir des étudiants (aux Etats-Unis du moins). « Ce sont des réseaux festifs sur les campus, qui deviennent des réseaux socio-professionnels une fois le diplôme en poche ». 

Voici une petite liste (non exhaustive) de quelques personnalités de ce monde ayant fait partie, dans leur jeunesse, de fraternités ou sororités…

Quelques Grands Hommes du Système Grec

– Martin Luther King Jr. => Alpha Phi Alpha
– Thurgood Marshall => Alpha Phi Alpha
– Franklin D. Roosevelt => Alpha Delta Phi
– Theodore Roosevelt => Alpha Delta Phi et Delta Kappa Epsilon
– Bill Clinton => Alpha Phi Omega
– Neil Armstrong => Phi Delta Theta et Kappa Kappa Psi
– Elvis Presley => Tau Kappa Epsilon
– Ronald Reagan => Tau Kappa Epsilon
– Conrad M. Hilton => Tau Kappa Epsilon
– Brad Pitt => Sigma Chi
Mais aussi, le Prince Albert II de Monaco, James Dean, Bob Dylan, Harrison Ford, Paul Newman, Robert Redford,  John Wayne, Jesse Jackson, ou encore Harry S. Truman!

Quelques Grandes Femmes du Système Grec

– Ruth Bader Ginsburg (2ème femme à être devenu juge à la Cour Suprême des E.U)  => Alpha Epsilon Phi
– Condoleeza Rice (Secrétaire d’Etat de Georges W. Bush lors de son 2ème mandat) => Alpha Chi Omega
– Alice Shetts Marriott (Fondatrice des hôtels Mariott) => Chi Omega
– Elizabeth Dole (Sénatrice de l’Etat de Caroline du Nord)  => Delta Delta Delta
– Grace Coolidge (Première Dame des EU entre 1923-1929) => Pi Beta Phi
– Carrie Chapman Catt (Présidente de la National American Woman Suffrage Association) => Pi Beta Phi318979_113570562078872_130319242_n
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Bref, on vous vendra le système Greek comme une expérience humaine qui permet de vivre les années universitaires à 200% et de profiter pleinement des opportunités de réseautage et des activités de bienfaisance. Les fraternités ont comme mission de faire de leur membre des « gentleman », tandis que les sororités ont pour objectif de former des femmes fortes et indépendantes. Oui, mais… Qu’on se le dise,  au delà de la fascination qu’on peut bien leur accorder, ces organisations n’ont, quand on s’y penche de plus près, rien de si mystérieux! Les frat’s et soros que nous avons rencontré sont finalement composées de monsieur-et-madame-tout-le-monde! 

***

Les propos tenus dans cet article n’engagent que nous, et se basent avant tout sur le système Greek observé sur les campus universitaires de Montréal, globalement plus « soft » que chez nos voisins américains.

***

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4 réflexions sur “Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur le système Greek!

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